vendredi 6 novembre 2009

Taslima Nasreen


" Femme en résistance "


L'écrivaine Taslima Nasreen se bat pour la liberté des femmes. Exilée depuis 15 ans, elle a subi la violence des fondamentalistes dans son pays, le Bangladesh, puis dans la région indienne du Bengale Occidental. Aujourd'hui, elle est citoyenne d'honneur de notre Cité

Albert Camus avait écrit "La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre". Ces mots nous renvoient à la situation de cette femme dont la destinée est injuste. L’injuste, l’inique, l’arbitraire sont inacceptables et Taslima Nasreen paie depuis trop longtemps de sa liberté le combat éternel des Droits de l’Homme.

Sa plume dénonce les injustices perpétrées contre les femmes et les minorités religieuses. Son écriture est d’autant plus percutante qu’elle s’appuie sur des réalités qu'elle connaît bien, comme femme, médecin, gynécologue, au plus près des populations qui ont très vite vu dans ses textes le miroir de leur condition.

Mais son succès en a vite fait la cible de groupes radicaux qui ne supportent pas sa critique des religions. Plutôt que de céder à la pression et de se résigner, elle se sert de son écriture comme d’une arme contre tous ceux qui l'accusent. Ses idées, elle les exprime avec des mots contre ceux qui entendent imposer par la force et la violence les idéologies les plus obscurantistes.

"Quand la liberté rentrera, je rentrerai" écrivait depuis son exil, il y a 150 ans à Guernesey, Victor Hugo qui voulait "partager jusqu’au bout l’exil de la liberté". J'ai dit à Taslima Nasreen combien nous espérions qu'elle puisse rentrer dans son pays quand sera rentrée la liberté. Et j'ai aussitôt ajouté que notre Cité s'honorerait d'être son hôte aussi longtemps que perdurerait son exil.

En attendant, cette femme poursuit son combat contre la barbarie, l’obscurantisme, la haine, le dogmatisme, les inégalités, les injustices. Elle peut compter sur l’appui de toutes celles et tous ceux qui militent en faveur des droits humains, des droits des femmes, des valeurs de la laïcité et de cette liberté d’expression si fondamentale qui lui est interdite.


Mon discours lors de la venue de Taslima Nasreen (Format Pdf)

mercredi 4 novembre 2009

Rebonds


" L’identité nationale ne se réduit pas à convoquer l’histoire "

Comme avant chaque campagne électorale, le président de la République s’empare du thème de l’identité nationale, qui serait menacée par l’intégrisme des uns et par le laxisme des autres.

Dans sa campagne présidentielle, et au travers de la plume d’Henri Guaino, Nicolas Sarkozy
s'était déjà fait le chantre de cette France aux "mille clochers" qu'il serait urgent de défendre.

A un moment où, dans le pays, son action se trouve mise en cause (doutes sur l'efficacité, à court et à long terme, de la politique économique, inquiétude face à la volonté d'éliminer tous les contre-pouvoirs : justice, médias, collectivités locales), la défense de l'identité nationale est à l'évidence un bon moyen de brouiller le jeu. D'où l'offensive d'Eric Besson, immédiatement prolongée par le président en direction d'un secteur jusque-là favorable mais aujourd'hui en plein doute : le monde paysan. S'engageant ainsi, le président de la République fait coïncider identité nationale et enracinement dans le terroir, au risque de sembler répéter de douteuses antiennes : "La terre, elle, ne ment pas !"

" La nation n'est pas simplement donnée, mais construite... "

Le piège tendu à la gauche pourrait paraître grossier s'il n'y avait des doutes sur la capacité de celle-ci à prendre en compte des problématiques essentielles pour la vie quotidienne des Français : celle de la tranquillité publique, celle de la prise en compte de phénomènes migratoires accentués par une globalisation qui rapproche physiquement les pays en même temps qu'elle accroît les fractures qui existent entre eux. Faute d'avoir des positions affirmées sur ces problèmes, la gauche prête le flanc aux critiques d'angélisme, de laxisme, de complaisance avec les communautarismes ou, au contraire, de ringardisme républicain.

Nicolas Sarkozy peut donc espérer en tirer profit pour provoquer un réflexe de regroupement autour du chef, seul capable de défendre "la Nation".

Mais si, a contrario, la gauche se révélait désormais capable de prendre à bras-le-corps ces problématiques-là, elle aurait alors tout à gagner à engager un débat authentique sur l'identité nationale. Car, contrairement à l'idée développée par Nicolas Sarkozy, la nation n'est pas simplement donnée, mais construite. Certes, elle plonge ses racines dans l'histoire - dans toute l'histoire d'ailleurs, sombre ou glorieuse -, mais elle est aussi une volonté de tous les jours.

Pour que la nation puisse être perçue comme le bien commun de tous les Français, plus largement le bien commun de tous ceux qui résident sur notre sol, il faut d'abord qu'elle soit porteuse d'espoir. C'est dans la misère des banlieues, dans celle des quartiers désertés par l'Etat, que se développent les intégrismes, les fanatismes, le rejet de l'identité nationale.

" Bâtir le présent, inventer l'avenir... "

La France pourrait d'autant mieux relever ces défis qu'elle saurait présenter le visage d'un pays généreux, accueillant, terre d'une liberté qui résonne dans l'esprit des peuples du monde entier.

Maire de Lyon, président du Grand Lyon, je sais quelles sont les conditions pour forger entre tous une communauté de destin. Il faut que chacun, quelles que soient son origine, sa religion, son opinion philosophique, ait la conviction qu'il est également respecté, que les politiques publiques, économiques, sociales aient comme perspective ultime de faire que personne ne se sente laissé à l'écart de la réussite commune. C'est ce que j'essaie de faire dans notre agglomération. Et c'est pourquoi il y a aujourd'hui une fierté grandissante de se revendiquer "Lyonnais". C'est ce sentiment-là qu'il faut faire resurgir au niveau national.

Cela suppose que chacun soit persuadé que l'Etat lui offre, aujourd'hui, les mêmes chances de réussite, où qu'il habite, quels que soient son origine et son statut social. Que le gouvernement agisse ainsi, et la question de l'identité nationale se posera avec moins d'acuité ! C'est le doute, l'aigreur ou le désespoir qui corrodent et qui affaiblissent l'identité nationale.

Défendre l'identité française ne saurait donc se réduire à convoquer l'histoire. C'est le présent qu'il faut bâtir, c'est l'avenir qu'il faut inventer. Car c'est ainsi, au-delà des inévitables contradictions d'une société, que se réalisera un nouveau consensus national, que se dégagera une véritable volonté de vivre ensemble dans une nation qui aura retrouvé sens et perspective.

C'est sur ce terrain que ceux qui souhaitent ouvrir une vraie alternance doivent placer le débat de l'identité nationale. Pour cela, ils ne sauraient manquer d'audace.

A lire également en pages Rebonds du journal Libération daté de ce jour.


mardi 3 novembre 2009

Sur Radio Classique


Gérard Collomb est demain matin l'invité de Guillaume Durand sur Radio Classique.

Identité nationale, grand emprunt, fronde contre la suppression de la Taxe Professionnelle au Sénat, réforme des collectivités territoriales : le maire de Lyon répondra sans détour à ces grands sujets d'actualité.

Diffusion sur les ondes de Radio Classique de 8h30 à 8h45. A Lyon sur 96.5 FM.

vendredi 30 octobre 2009

Sur Canal+ et LCI


Gérard Collomb était cette semaine l'invité de Maïtena Biraben pour la 1001e de la Matinale de Canal+.

Cliquer ici pour accéder au site de l'émission et retrouver l'interview en date du 28 octobre.


mardi 20 octobre 2009

Réforme des collectivités


" Une trop belle réforme pour être gâchée... "

J'ai donné cet après-midi une conférence de presse à la suite du discours du Président de la République sur la réforme des collectivités territoriales. Voici la dépêche AFP reprenant les principaux axes de mon intervention. Sur ce même sujet, je serai demain matin l'invité de Guillaume Cahour dans les Matinales de RMC et dès 12h15 dans le journal d'Edwige Chevillon sur les ondes de BFM

" La réforme des collectivités locales est "trop belle pour être gâchée par des arrières pensées électoralistes", a estimé mardi le maire PS de Lyon Gérard Collomb, regrettant qu'il y ait "beaucoup d'arrières pensées politiciennes" dans le texte présenté par Nicolas Sarkozy.


"Il y a des points positifs" dans la réforme, a estimé M. Collomb lors d'une conférence de presse, citant notamment "la possibilité de faire des métropoles multipolaires, qui doivent permettre à la France de rayonner à l'échelle européenne".

Le projet de "mettre en place une métropole rassemblant Lyon, Saint-Etienne et Vienne, comme nous le demandons depuis longtemps, va pouvoir se concrétiser", s'est réjoui l'élu, citant parmi les autres villes susceptibles de recourir à ce dispositif Nancy-Metz et Nantes-Rennes.

En revanche, "l'aspect électoral suffit à disqualifier la réforme", a estimé M. Collomb, la qualifiant de "hold-up électoral".

Le scrutin nominal à un tour pour les conseillers territoriaux, et le suffrage direct avec fléchage pour les conseillers communautaires peut permettre "à ceux qui ont perdu les élections de devenir majoritaires dans les communautés urbaines", s'est inquiété M. Collomb. Il semble qu'il y ait "une volonté par certains de reconquérir sur le tapis vert ce qu'on n'a pas été capable de gagner dans les urnes".

Le maire de Lyon a en outre dit son inquiétude de voir disparaître la taxe professionnelle, qui représente 55% du budget du Grand Lyon. Il a souligné que l'un des effets pervers de sa suppression serait de voir les villes refuser l'installation d'industries polluantes ou bruyantes, et privilégier tourisme et habitat, sources d'impôts fonciers.

"Le président a dit que son projet pouvait encore évoluer, et nous allons essayer de le faire évoluer au cours des prochaines semaines", a assuré Gérard Collomb. "

mercredi 14 octobre 2009

Grand Lyon Film Festival


" Passeurs de rêve... "



"Les rêves je les réalise", disait Claude Berri. Aujourd'hui, c’est toute une métropole qui réalise son rêve, avec l'ouverture de LUMIERE2009, premier festival international de cinéma du Grand Lyon, avec, comme invité d'honneur, Clint Eastwood


Hier soir la Halle Tony Garnier a rassemblé producteurs, réalisateurs, metteurs en scènes et acteurs du monde entier, invités de Thierry Frémeaux et venus partager avec le public cette première édition de ce Grand Lyon Film Festival.

Avec LUMIERE2009, Lyon renoue avec son histoire, rappelant au monde qu'elle fut la ville des frères Louis et Auguste Lumière. Que c’est la ville où fut tourné le premier film. Et je peux vous dire que l’émotion était hier au rendez-vous au moment de découvrir sur grand écran des copies restaurées des premiers films de l’histoire du cinéma, ceux des frères Lumière tournés dans les rues de Monplaisir, mais aussi aux quatre coins du monde.

" Un festival qui ressemble à Lyon... "

Au fond, avec ce festival, Lyon conclut une histoire et en ouvre une autre. Elle fait revivre l’aventure de ces cinéphiles qui, au détour des années 70 et 80, se sont battus pour que soit conservé le Hangar du Premier Film : Raymond Chirat, Bernard Chardère, Paul Genard. C’est grâce à eux qu'ont été sauvegardé, puis mis en valeur le Château Lumière, le Hangar du Premier Film aujourd'hui classé Monument Historique.

Sans eux, sans leur combat, sans Bertrand Tavernier, Président depuis 1982 de l'Institut Lumière, jamais ce festival n'aurait eu lieu. Il n’aurait jamais eu lieu non plus, évidemment, sans Thierry Frémeaux. Et hier, dans cette Halle Tony Garnier remplie, nous avons eu droit à un grand Thierry Frémeaux, conteur hors pair, sachant mieux que quiconque partager avec le public cette passion qu’il voue au 7e art.

" Créer du désir de vivre ensemble, partager des expériences plus collectives... "

Belle idée de consacrer ce festival au patrimoine mondial du cinéma. Car finalement, c’est une manifestation qui ressemble à Lyon, à la fois porteuse du vaste mouvement culturel de notre métropole et puisant au meilleur de son passé.

Et de quelle manière ! Imaginez, ce soir, Claudia Cardinale présentant "Il était une fois dans l'Ouest" au Pathé Bellecour. A Vénissieux, c’est Marjane Sartrapi qui parlera du mythique "Inspecteur Harry" de Don Siegel. Pour Asia Argento, ce sera le Comoedia et "Pierrot le Fou". Dimanche, Clint Eastwood en ouverture du chef d’œuvre de Leone, "Le bon, la brute et le truand".

Ces grands noms du cinéma sont des passeurs de rêves. De ce rêve qui les anime et qu'ils acceptent de partager le temps d'une rencontre avec le plus large public. Pas seulement un public de cinéphiles – bien qu'il soit à Lyon très nombreux ! – mais avec le grand public. Celui qui fait que depuis ses origines, le 7e art est si populaire.

40 ans après la création du Grand Lyon, nous signons là la première manifestation culturelle portée par notre agglomération, partagée par tout un territoire, par tous ses habitants. Le Grand Lyon donne ainsi vie à un événement culturel d’envergure internationale. Notre volonté de construire une grande métropole de culture prend ici tout son sens.

La culture n’est pas seulement devenue un moteur essentiel au développement de nos territoires. Elle le ciment qui lie entre eux les femmes et les hommes d’une même métropole. Elle est, parmi toutes les activités, celle qui le mieux crée du désir de vivre ensemble, de partager des expériences plus collectives, plus festives, plus ouvertes à la diversité de nos sociétés.

Bon festival à tous !



vendredi 9 octobre 2009

Association des Communautés Urbaines de France


" Quand l'avenir de nos territoires est en jeu "

Après Brest en 2008, c'est à Bordeaux que les élus et les territoriaux des 16 communautés urbaines se sont retrouvéses hier et aujourd'hui. A l’heure où de profonds bouleversements se dessinent au sein de la gouvernance locale, ces rencontres mettent au centre des débats la question de la place des communautés urbaines au sein de la réforme envisagée des institutions locales ainsi que celle, non moins essentielle, de leurs ressources, dans le contexte de la réforme de la taxe professionnelle. Pour ces raisons, cette édition 2009 avait un relief particulier pour l’organisation future de nos territoires. Voici la résolution prise par les Communautés Urbaines de France à l'issue de ces 37e Journées, à Bordeaux. Bonne lecture à tous


Parce que nous sommes en première ligne pour appréhender le changement rapide de nos sociétés, nous constatons que c’est au niveau des collectivités locales que se joue largement l’avenir économique, social et environnemental de notre pays.

Nous attendions beaucoup d’une réforme territoriale qui aurait permis que s’exprime l’excellence des territoires ruraux comme urbains, des petites villes comme des grandes agglomérations.


Dans l’état actuel des propositions du gouvernement, les grands axes de la réforme institutionnelle ne répondent pas à ces préoccupations.

Davantage encore, la suppression en parallèle de la Taxe Professionnelle, en déconnectant ressources fiscales des communautés urbaines et dynamique des territoires, va remettre en cause leur action économique qui est pourtant essentielle pour l’avenir de notre pays.

Au total, ces réformes sont loin de constituer un acte III de la décentralisation. L’ACUF y voit plutôt l’acte I de la recentralisation.

Les communautés urbaines ne sauraient donc souscrire aux textes tels qu’ils sont présentés à l’heure actuelle. Elles tiennent à rappeler les enjeux qui sont pour elles essentiels et qui devraient sous-tendre la future réforme.

I. Doter le tissu urbain de ressources favorisant leur implication dans le développement économique

L’ACUF, en lien avec les autres associations d’élus du bloc communal, souhaite une évolution du texte proposé par le gouvernement sur 4 points essentiels :


- Intéresser les territoires au développement des entreprises, en affectant au bloc communal une part de la cotisation complémentaire (part de l’impôt économique local basé sur la valeur ajoutée).

- Répartir la cotisation complémentaire de manière à maintenir un lien réel entre les entreprises et leur territoire d’implantation.
- Respecter l’engagement gouvernemental de compenser intégralement les effets de la réforme pour chaque collectivité locale prise individuellement.

- Limiter le poids des dégrèvements qui seraient décidés par l’Etat sur le nouvel impôt économique, et les financer par la solidarité nationale.


II. Doter toutes les communautés urbaines du statut de collectivité de plein exercice

Ce statut, sans priver les communes de leurs compétences générales ni de leurs ressources fiscales, doit reconnaître :

-
La fonction stratégique des communautés urbaines sur l’ensemble des sujets touchant au développement durable de leur territoire.
- L’uniformisation des compétences obligatoires des communautés urbaines sur la base de celles définies par la loi du 13 juillet 1999.
-
L’exercice conjoint de certaines compétences par les communes et la communauté urbaine.
- La possibilité pour les communautés urbaines, en fonction d’accords locaux, d’exercer des compétences déléguées ou transférées par les départements et les régions
.

III. Favoriser l’émergence de "métropoles d’intérêt européen"

Soit à l’échelle des grandes agglomérations actuelles, soit en favorisant une mise en réseau sur des régions urbaines plus large, cela pourrait se concrétiser par la création d’un "Etablissement Public de Coopération Métropolitaine" qui aurait pour objet de mettre en commun des politiques et des moyens de pilotage sur les grandes aires urbaines. Il aurait ainsi à définir :

- Un schéma de cohérence territoriale à cette échelle métropolitaine.

- Les politiques d’intérêt métropolitain, en particulier dans les domaines de l’économie, l’université et la recherche, des transports, de l’habitat ou encore de la culture.
-
Les outils permettant d’exercer en commun ces compétences stratégiques métropolitaines.

IV. Conforter la légitimité démocratique des communautés urbaines


Les présidents de communautés urbaines demandent une élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires assurant une majorité stable et une meilleure prise en compte du facteur démographique tout en conservant la représentation des territoires. C’est à cette condition que les électeurs pourront s’approprier le projet communautaire.